Une semaine en total immersion avec un moine et une bande de potes thaïlandais, magique !

La Thaïlande est un pays magnifique, avec pleins de choses à voir. Et moi, qu’est-ce que je fais : je passe une semaine entière dans une ville moche, ou il n’y a « rien à voir ». Et pourtant…

Oser aller dans une ville qui n’est pas référencé dans les guides touristiques, ou il y a théoriquement rien à faire, et voir ce qui va se passer… Simplement se laisser porter par les rencontres ! Cette façon de voyager est quelque peu inhabituelle, et pourtant, c’est dans ces moments qu’on fait les plus belles rencontres…

Je dois aller à la frontière cambodgienne pour renouveler mon visa thaïlandais. Il me reste 3 jours avant l’expiration de mon Visa. Sur la route, je décide de m’arrêter dans une ville non touristique pour 2/3 jours avant de rejoindre la frontière cambodgienne. Cette ville s’appelle Nakhon Ratchasima (appelé Khorat par ses habitants).

Il y a une arche à Khorat. Une croyance locale raconte « si tu passes une fois sous cette arche, alors tu reviendras à Khorat, si tu y passes 3 fois, alors tu t’installeras à Khorat ». Ne jamais sous-estimer une croyance locale… Je n’en avais pas connaissance, je suis passé sans le vouloir sous cette arche, une fois. Je vais au Cambodge pour renouveler mon Visa thaïlandais. Vous avez devinez la suite : « alors tu reviendras à Khorat »…

Pourquoi revenir à Khorat ? Parce que je suis passé sous cette arche, mais aussi parce que j’ai fais de superbes rencontres… Et parce que cette expérience m’a permis de passer une semaine en totale immersion avec les thaïlandais, et donc d’apprendre énormément sur ce pays.

Tout commence de cette façon… J’arrive à Khorat, je me promène, seul, la journée, le soir, pour chercher à manger, visiter, observer la vie des gens… A force de marcher, de s’intéresser aux choses que tu rencontres, les gens te parlent, tu sympathises avec certains, ils t’invitent à les revoir. Et tu rencontres une multitude de gens différents…

Au bout d’une semaine, tu as tes petites habitudes, tu te sens comme à la maison… Mon quotidien se déroulait de la sorte :

Je me lève, un peu tard, car la veille je suis resté discuter tard avec un groupe de thaïlandais  au bar « Pu Yai Rin ». Je vais déjeuner.

Après le déjeuner, je rejoins mon nouveau pote Dang, un pote pas ordinaire. Je le rejoins dans sa maison, c’est-à-dire son temple ! Dang est un moine bouddhiste d’une soixantaine d’années. On passe nos après-midi à discuter de politique, d’économie internationale, de bouddhisme, de la culture thaïlandaise, de sa vie avant qu’il devienne moine… Il m’apprend tous les jours pleins de nouvelles choses sur le monde, et me taquine quand j’arrive en retard à notre rdv, parce que je me suis réveillé trop tard.

IMG_1631Dang et son temple

IMG_1639Dang, son temple, et moi

Dang est thaïlandais. Il est parti vivre à Londres à 18 ans, et il y est resté environ 20 ans. Il vivait comme un européen, il travaillait dans un restaurant, faisait beaucoup la fête, a eu plusieurs petites amies. Puis, à l’âge de 40 ans, il a décidé qu’il avait bien profité de la vie, que c’était assez pour lui. Il est donc retourné en Thaïlande et est devenu moine, avec une vie beaucoup plus saine, beaucoup plus routinière, consacrée à Bouddha. Comme il le dit, « une vie sans rebondissements, mais aussi sans problème. »

Il nous raconte sur cette vidéo son quotidien de moine (en anglais)

En fin d’après-midi, je me rends dans un café littéraire, tenu par Joey et Burut… Joey est un thaïlandais qui a réalisé sa thèse sur Jean-Paul Sartre et Albert Camus, et qui a un rêve un peu spécial pour un thaïlandais : aller au café flore… Burut a fait des études en cinématographie. Je passe mon temps à leur parler de la France, de Paris. Ils passent leur temps à me faire tester de nouveaux types de café, et me parler de la Thaïlande.

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Ensuite, je dine dans un restaurant juste à côté, ou j’ai là aussi mes petites habitudes.

Et je passe mes soirées au bar Pu Yai Rin, juste en face du café littéraire. Ce bar est tenu par Mui. C’est le genre de bar tout petit, ou tout le monde se connait, ou tout le monde parle avec tout le monde. Le premier soir ou je suis venu dans ce bar, Mui m’a introduit à tous ses clients, qui sont en fait ses amis. Au bout d’une semaine, je suis comme à la maison, je connais tout le monde, je me sens vraiment, ne serait-ce que de façon éphémère, un membre, comme les autres, de ce groupe de pote. Je suis assez surpris de cette intégration si rapide.

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Quelques présentations :

Ils ont de drôles de prénoms : Kong, Jikkie, Mui, Diego (parce qu’il ressemble à Diego Maradona), Suiou, etc. Il y a des propriétaires de restaurants, des étudiants, un haut-fonctionnaire, des commerciaux, un financier… Un petit groupe de potes qui se connaissent depuis tout petit, comme il y en a partout dans le monde !

Au bout d’une semaine, les clients du bar trinquent en français avec un mauvais accent « santé ». Ils souhaitent découvrir la musique française, alors parfois, je me transforme en « DJ ». Pu Yai Rin est désormais l’un des rares bars 100% thaïlandais ou on peut écouter Edith Piaf ou la Rue Kétanou.

Cela fait une semaine que je suis ici. Mui me dit « il y a déjà eu des farangs (des étrangers) qui sont venus dans mon bar, mais toi tu es différent de tous ceux que j’ai vu, car tu discutes avec tous mes amis, et tu t’es fait pote avec pleins d’entre eux. Ce n’est jamais arrivé auparavant ». Ça me touché, je n’ai pas envie de partir, mais l’aventure doit continuer ! Et puis si je reste quelques jours supplémentaires, je vais passer encore 2 fois sous cet arche et je vais rester bloqué à Khorat….

Je pars demain, c’est décidé. Et là, j’ai été assez surpris… Dang, le moine, m’offre un cadeau et regrette de pas ne m’avoir rencontré plus tôt, j’étais touché. Depuis il m’appelle quasiment tous les jours !

Les gens du bar décident d’aller en discothèque pour fêter mon départ. J’ai même droit à des cadeaux de départ (dont un petit nounours!)

Après avoir reçu autant d’amour de la part d’inconnus, je ne peux être qu’heureux ! La gentillesse de ces personnes est incroyable. Je sais aussi que cette gentillesse, c’est parce que je suis un « farang » (un étranger) et parce que je suis un blanc. Si j’étais thaïlandais, les choses ne se seraient peut-être pas passées de la sorte. Mais laissons ça de côté et parlons d’humain. Je crois tout simplement, que lorsqu’on s’intéresse aux gens, à leur vie, et qu’on partage la nôtre, peu importe d’où ils viennent, peu importe d’où tu viens, ils peuvent te donner plus d’amour que tu ne le crois.

Cf également l’anecdote : recevoir la bénédiction d’un moine en rentrant de discothèque, à 6h du matin.

 

2 commentaires sur “Une semaine en total immersion avec un moine et une bande de potes thaïlandais, magique !

  1. Si Joey vient à Paris, je me ferai un plaisir d’être son « Greeter » pour connaître St Germain des Prés ….

  2. Tes articles sont non seulement intéressant, distrayant mais on en peut en tirer des enseignements, de ton voyage initiatique et des rencontres que tu as pu faire ! bravo il faut non seulement une grande ouverture d’esprit mais aussi du courage pour voyager comme tu l’as fait ! j’ai hâte de te revoir sans doute changé !

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