Une journée en Amazonie

Une journée de voyage en Amazonie, ça se passe un peu comme ça.

Je suis à San Roque de Cumbaza, petit hameau de 1 500 âmes au cœur de la forêt amazonienne, au Pérou. Dans ce village est est né une énergie de promouvoir la vie alternative et une envie de valoriser et protéger l’environnement et la forêt. (Voir article : San Roque de Cumbaza, un village alternatif et écologique en Amazonie)

Malheureusement (et heureusement pour moi), trop peu de personnes connaissent ce petit bijou. Les seuls voyageurs ici sont un couple franco-italien, Maud et Yako. Ils voyagent depuis 9 mois en Amérique du Sud et cherchent aujourd’hui à acheter quelques hectares de terrain pour devenir producteurs de cacao au Pérou  (oui oui !).

Ce matin, à l’auberge municipale, Bertha, notre hôte, nous prépare et partage avec nous le petit déjeuner.

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De gauche à droite : moi, Yako, Maud et Bertha

Découverte d’une cascade perdue dans la jungle.

Avec Maud et Yako, nous décidons de partir découvrir une cascade à une dizaine de kilomètres. Mais ici, en Amazonie, chaque excursion devient une mission…

Première mission : trouver un moto-taxi pour nous y amener.

Au village, nous demandons l’information à la propriétaire d’une petite épicerie : « Prenez la 4ème rue à gauche et essayez de trouver le Senor Constanto. Il a un moto taxi ». En pleine rue, nous crions « Senor Constanto ». Il sort de sa maison et nous propose d’aller voir la Senora Claris, la deuxième rue après la place du village en remontant. La Senora Claris nous recommande d’aller voir le Senor Ilmes… Petit tour du village… jusqu’à ce que l’on trouve un moto-taxi  (enfin!) pour nous amener !

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Deuxième mission : ne pas tomber du moto-taxi.

Sur les petits chemins de terres en Amazonie, tu t’accroches bien au barreau sur ta droite pour ne pas tomber, un peu crispé, mais l’esprit enivré de liberté…

Troisième mission : marcher 5 kilomètres dans la jungle pour aller  jusqu’à la cascade.

A plusieurs reprises, nous devons traverser des fleuves, les pieds dans l’eau.

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Nous croisons sur le chemin de nombreuses espèces d’insectes et des petits mammifères : fourmis géantes, araignées géantes, aussi, chauves souris géantes, une sorte de petit vers solitaire très étrange effrayant (et géant), ainsi que des centaines de papillons, géants. Tout est géant ici !

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Tout à coup, nous tombons nez à nez avec 6 chasseurs de papillons, avec leurs grandes épuisettes… Lorsque je pense à un chasseur de papillons en Amazonie, l’image qui me vient en tête est celle du méchant chasseur… Un peu comme ça :

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Alors voir des chasseurs de papillons, pour de vrai, ça fait un peu bizarre. Un étrange sentiment s’empare de moi… « Les chasseurs de papillons, en fait, est-ce que ce sont des méchants ou pas ? »

Je me retourne vers Yako, à notre échange de regard, je comprends qu’il se pose la même question. Lui mets les pieds dans le plat et sans se poser de questions va voir les chasseurs de papillons :

« Vous faites quoi ? », leur dit-il d’un air suspicieux.

« On attrape des papillons »

« Mais pourquoi vous faites ça ? Pour les vendre ? Parce que c’est pas bien de faire ça ! »

« Non, non, c’est pour une investigation »

« Bon ok… ». Nous repartons, un peu suspicieux.

Après avoir escaladé les rivières, s’être échappés des araignées et s’être confrontés aux chasseurs de papillons, nous trouvons enfin la cascade magique, perdue au cœur de la forêt.

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Et je réalise enfin l’un de mes rêves (encore inachevé jusqu’à présent) : aller derrière les chutes d’une immense cascade. Quand j’étais petit, je pensais qu’il y avait des passages secrets derrière les cascades… C’est à cause de Tintin tout ça !

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Mais en vrai, ça donne ça :

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Pour le retour, nous ne prenons pas le chemin, mais remontons le fleuve. Nous sautons de pierre en pierre. Parfois nous devons nous accrocher aux lianes pour se tenir sur les pierres glissantes.

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Un peu risqué… Comme si l’aventure en soit ne nous suffisait pas. Comme si être au milieu des pires insectes, des pires araignées et des pires moustiques du monde ne nous suffisaient pas ? Pourquoi ce sentiment d’aventure nous amène à aller toujours plus loin et à faire toutes ces choses inutiles ?

Nous rentrons au village voisin, après 5 heures de marche.

Nous discutons avec les villageois, goûtons à la spécialité locale : du vin au cacao, du vin au café, du vin à la coco et… du vin aux raisins… En bons français et italiens, nous restons perplexe ! Il s’agit en fait d’Arguadiente, une eau de vie de vin (locale, car ici aussi on produit du vin !), mélangée avec du cacao, du café ou de la coco local, et avec du lait en poudre Nestlé. Cherchez l’intrus…

Nous rentrons à notre village, San Roque de Cumbaza.

Comme chaque soir, nous dînons dans la salle à manger d’une dame.

Elle fait à manger chez elle pour les habitants du village. Comme chaque soir, nous discutons avec la famille et jouons avec les enfants tout en regardant les télé novelas.

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La nuit en Amazonie 

Nous nous installons sur la Mazona, la plateforme de 7 mètres de haut pour sauter dans le fleuve. Nous regardons les étoiles, et les lucioles… Sous un manteau d’étoiles, des fées volent dans le ciel et la lune reflète sur le fleuve. C’est magique.

Nous discutons des légendes d’Amazonie…

En rentrant à l’auberge, nous échangeons une dernière fois sous un espèce de petit préau. Au bout de 15 minutes, Maud se met à crier et part en courant :

« Ahhhhhhh. Un monstre… Il est là ! Là là là, juste là… Je ne sais pas si c’est mon imagination ou si c’est vrai.  Mais il est là, là, juste au dessous de vous ». Paniqué, elle n’arrive plus à parler…

Nous regardons tout autour de nous, paniqués :

« C’est quoi ? C’est ou ? Dis nous ! »

Jusqu’à ce que nous voyons cette mygale, à quelques centimètres au dessus de nos têtes, dans son nid. Et nous, on était là avec elle, depuis tout ce temps.

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J’ai oublié de vous dire, Maud est arachnophobe. Alors la mygale, c’est le pire des cauchemars !

Nous partons nous coucher. Cette nuit, j’inspecte ma chambre de fond en comble, un peu effrayé.

Des chasseurs de papillons, des rochers géants, des lianes, une cascade magique, une mygale, des lucioles et de belles rencontres ; une journée en Amazonie. Voilà pourquoi j’aime l’Amazonie !

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