Un Wwoofing en permaculture

Durant deux semaines, je vais travailler quelques heures par jour dans le potager de Pierre, qui vit en quasi autosuffisance (cf article « vivre en quasi autosuffisance dans le sud de la France« ). En échange, je serai logé et nourri gratuitement. Je vais l’aider à construire des buttes en permaculture. C’est pour moi une excellente manière de découvrir la permaculture, de façon concrète et pragmatique !

Passons une journée de Wwoofing chez Pierre.

Avant de travailler, il va nous falloir prendre un bon petit déjeuner, pour prendre des forces. On coupe des betteraves, des carottes, des pommes, du gingembre, de la coriandre, du citron… On met tout dans l’extracteur de jus. Résultat : deux verres de jus de fruits et légumes, rien de plus ! Je suis étonné de voir que ces deux verres liquides sont assez nourrissant pour travailler toute une matinée !

Et voici notre espace de travail.

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Nous allons faire des buttes. Une butte, c’est une surface de terre surélevée dans laquelle on cultive des fruits et légumes.

Nous travaillons de 9 h à 12h et de 18h à 21h, car il faut être fou pour piocher tel un bagnard en plein cagnard !

Il faut commencer par creuser et piocher la surface de la butte… Voilà donc à quoi ressemblent nos matinées et nos fin d’après-midi… Piocher, piocher, piocher, bêcher, bêcher… Et piocher !

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Dans une poignée de terre, il y a des milliers de petites espèces vivantes. Chaque coup de pioche est un génocide… Chez certains bouddhistes, la prière avant le repas consiste à « pardonner les agriculteurs qui ont du tuer des milliards d’êtres vivants pour nous apporter ce repas ». Dans de nombreuses religions et croyances, les prières ne sont pas focalisées sur un dieu et sur l’être humain, mais sur les espèces vivantes et la planète terre dans son ensemble. C’est plus humble et moins égocentrique selon moi.

Puis il faut couper quelques planches de bois.

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Je fais peur hein ?

On installe les planches pour faire la butte.

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Maintenant il faut recouvrir la butte. En dessous, on met du bois mort (ça fait office d’éponge et ça permet de garder le fond du sol mouillé), puis trois couches de terre :  la terre du dessous, la terre du milieu, et la terre du dessus (la meilleure terre, la plus fine).

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On humidifie ensuite la terre, et on met de la paille pour protéger du soleil et de la sécheresse.

Maintenant qu’on a une belle terre humide, il n’y a plus qu’à attendre que des milliards de petits insectes viennent habiter le lieu pour en faire une terre fertile…

On plante quelques graines de différentes espèces, et on a une jolie butte pleine de fruits et légumes.

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La meilleure partie du travail pour moi, c’est d’aller chercher le bois mort (celui qu’on va mettre dans la butte) dans la forêt, avec la machette… Dans un monde où il faudrait survivre pour se nourrir, je préférerais être le chasseur-cueilleur plutôt que l’agriculteur. Et vous ?

Il ne nous reste plus qu’à cueillir notre déjeuner !

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Nous ne mangeons presque que des fruits et légumes.

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L’expérience est riche en apprentissage, mais je sens la fatigue venir au fil des jours. Je n’ai jamais eu l’habitude d’exercer un travail physique ! Au fil des jours, je me rends compte à quel point l’autosuffisance demande de l’énergie et du temps. Vivre de cette façon, ce n’est pas choisir la solution de facilité !

Le soir, nous dînons ensemble et nous discutons des heures, à l’intérieur, ou dehors, au coin du feu…

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S’ensuivent de longues conversations, sur le chamanisme, la guerre d’Algérie, les gurus indiens, la géopolitique du Djibouti, le crudivorisme, l’ayahuasca, la seconde guerre mondiale, l’Inde… ça part loin !

Pierre est un ancien voyageur qui un jour s’est sédentarisé pour cultiver son jardin. « Car à un moment, c’est bien de voyager, mais c’est bien aussi d’avoir un chez soi quand on rentre de voyage », me dit-il. Il a travaillé plusieurs années dans différents pays d’Afrique, puis il a beaucoup voyagé, en Inde notamment. Nous avons plein de points communs, les mêmes idées et la même vision du monde. Nous avons fréquenté les mêmes ashrams et nous sommes intéressés par le même maître spirituel indien : Osho. Etre intéressé par le même maître spirituel indien, c’est quand même un point commun peu commun, non ?

Pierre est pour moi un miroir, il m’a beaucoup inspiré… Plus qu’un hasard, et si la fée du voyage m’avait amené sur son sentier ?

Il est temps de se dire au revoir et de continuer mon chemin sur les sentiers de la Terre-mère. Pierre me dit : « Je suis content de t’avoir rencontré. Tu as très belle âme », je lui retourne ce joli compliment.

Les voyages, ce sont des expériences, des apprentissages, mais avant tout des rencontres.

Dans un livre chez Pierre, je suis tombé sur cette citation de mère Térésa :

« Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux »

Merci Pierre !

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Un commentaire sur “Un Wwoofing en permaculture

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