La vie d’un peuple indigene. Episode 2 : la maison ou je suis heberge…

Cette petite communauté détient quelques lodges, pour les touristes, au cœur de la forêt amazonienne, à 30 minutes de leur village. Ces indigènes offrent donc aux touristes des excursions dans la jungle. Ils proposent un tourisme solidaire et écologique, au travers d’une coopérative, gérée entièrement par cette communauté indigène et dont chaque famille est membre. Les bureaux de la coopérative sont situés en ville, à 40 minutes de bateau, là où il y a les touristes et l’électricité pour travailler. Je les aide notamment sur le marketing et la communication, je passe donc la majeure partie de mon temps en ville.

Mais j’ai l’occasion de passer quelques jours au sein de ce village perdu au milieu de la forêt, pour intervenir à l’école du village, échanger avec les enfants sur les pays du monde et mon voyage, ainsi que pour aider ma famille d’accueil dans ses tâches quotidiennes.

Je suis hébergé chez le professeur du village, Nelsin, qui vit chez ses parents avec ses frères et sœurs. Ici, on vit en famille, quasiment toute sa vie !

Je vous présente une petite partie de la famille. Ils sont 12 enfants : Nelsin (à droite de la photo), le cadet a 34 ans, Ximena (au milieu de la photo), la junior a 9 ans.  IMG_6609

Pour accéder à la maison….

Elle se situe au bord du fleuve. Pour y accéder par voie fluviale, on prend la barque familiale et on arrive sur une plage immense (leur trottoir on va dire) IMG_6616

Par voie terrestre : elle est à 20 minutes de marche du village. C’est-à-dire que quand on fait dodo, il n’y a aucune vie humaine à 20 minutes à la ronde ! Trop bien ! Voici en image le chemin de 20 minutes à pied, que je doit emprunter chaque matin pour aller à l’école  et au village… IMG_6427 IMG_6429

Et oui…. Désolé pour ceux qui prennent le métro pour aller bosser !

Et puis juste avant d’arriver à la maison, il faut prendre un pont pour traverser une rivière…

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Les jours de pluie, je peux vous dire que c’est un peut l’aventure pour se rendre au village….

Maintenant, je vous présente la maison. La plupart des maisons sont constituées de 2 cabannes en bois :

-une cuisine,

-une chambre dans laquelle il n’y a qu’une pièce ou toute la famille dort ensemble.

La cuisine, une petite cabane en bois. Pas de gaz, ni d’électricité. La gazinière, c’est un feu de bois (qui fait également office de poubelle pour la maison). On mange en famille, à 18h30, à la bougie. La mère cuisine, la fille l’aide, le père et l’ainé sont assis chacun à un bout de table. IMG_6545

Après le repas, il est l’heure de faire dodo, voici la chambre dans laquelle on fait dodo, qui est d’ailleurs la pièce principale. IMG_6480 IMG_6587

Alors oui… Effectivement, il n’y a pas de mur dans notre chambre, on dort presque dehors. Et puis on dort tous ensemble, à 11 : les parents, les 5 enfants, les 3 oncles, et moi !  Et on va tous se coucher à 20h30, en famille, après le diner !

Dans cette maison, il n’y a pas que la famille qui y vit. Il y a aussi les cochons, les poules, les dindons, les chiens, les chats, les vaches, etc. qui vadrouillent dans le jardin et dans la cuisine. Et puis il y a également un autre animal dans le jardin (saurez-vous le retrouver sur cette photo ?) IMG_6443

Et que fait donc cette famille à longueur de journée, dans cette « maison » perdue au milieu de la forêt…

Chez nous, la journée on travaille pour acheter de quoi manger, dormir, nous divertir… Ici, la journée, ils travaillent pour manger, dormir, se divertir. Voila la toute petite difference entre eux et nous !

Pour manger, ils vont chasser et pêcher, entretenir le jardin de fruits, de légumes, de café et de cacao. Pour dormir, ils vont chercher du bois de la forêt pour construire la maison. Pour se divertir, la plage devant la maison et un ballon de foot, les petits chiots tout fraichement arrivés, ou alors il y a la Lola (cet animal que vous auriez dû retrouver à la photo précédente…Pour la petite histoire, il s’agit d’un perroquet sauvage qui a élu domicile le jardin de la famille ! Impressionnant ! )

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Et puis il y a toujours des choses à faire pour entretenir la maison, pour de nouvelles réalisations… On ne gagne pas d’argent, mais on ne s’ennuie pas pour vivre. Par exemple, les jours ou je suis ici, tous les hommes de la famille travaillent du matin au soir pour réaliser une machine en bois, pour fabriquer du sucre de canne.

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Ça y est, après 3 jours, la machine est terminée. On peut préparer un bon jus de canne à sucre… Mais il faut encore travailler : aller au champ de canne à sucre au fin fond du jardin, et puis faire ça aussi…

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Pour conclure, le fonctionnement d’une famille ici est bien différent de chez nous ! Chacun est interdépendant de l’autre. L’individu n’est pas le plus important, le plus important, ici, c’est le collectif, la famille. Chacun a son rôle à tenir pour le bien collectif de la famille : le grand frère va pêcher, la maman cuisine, les enfants les plus petits vont récolter les fruits et légumes, l’autre frère menuisier aide à l’entretien de la maison…. Du matin au soir, ils dorment ensemble, petit déjeunent ensemble, travaillent pour le collectif, dinent ensemble… Ils sont ensemble 24h sur 24h, sans vie privée. Cette société familiale, si opposée à une vie parisienne, a ses avantages et inconvénients. Mais pour moi, ce fut tres enrichissant de partager ce quotidien…

Je vous rassure les prochains articles seront beaucoup moins long… Celui-ci etant l’exception !

Un commentaire sur “La vie d’un peuple indigene. Episode 2 : la maison ou je suis heberge…

  1. Tes épisodes en Amazonie que j’ai lus « de la fin au début » sont très intéressants : bravo Nicolas pour avoir entrepris ce voyage et ces expériences.

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