La traversée du fleuve Amazone. Premier trajet : 4 jours en bateau et quelques péripéties…

Jour 1. et sinon on part quand…

10 heures, je monte dans le bateau San Miguel, il doit partir aujourd’hui à 12 heures…

12h : « non en fait il partira à 16h »

16h : « il partira demain à 8h du matin, c’est sûr à 100% ». Bon… On va passer la nuit sur le port, a dormir dans notre hamac…

Première journée sur l´Amazone : un vrai succès… Environ zéro km d´effectué sur le fleuve…

 

Jour 2. Le craquage

8h : « non en fait il part à midi ». Oui bien sur, et mon cul c´est la reine d´Angleterre !

Allez relax, j’ai appris à prendre sur moi en voyage, je suis quelqu’un de zen maintenant. Vu  que je suis obligé de rester sur le bateau car il peut partir à tout moment, j’en profite pour admirer la vie du port. Il y a de la vie ici !

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12h : toujours pas parti. Cela fait 24 heures que j’attends… On voit les autres bateaux partir à côté de nous, leur équipage et les passagers qui nous font « coucou » pour nous narguer, et pour nous montrer qu’on s est bien fait avoir a choisir ce bateau… Coup dur. On a parié sur le mauvais cheval.

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Bon, c’est bien gentil d’être zen mais bon… Toutes ces péruviens dans le bateau, qui attendent depuis 2 jours pour certains, et qui ont un boulot ou une famille à voir, qui sont là, bloqués, parce que le capitaine leur assure tout le temps que le bateau va partir « dans 3 heures », alors qu’il  sait très bien que c’est faux. On nous prend vraiment pour des cons !

Les retards de la SNCF c’est du pipi de chat à côté ! Je craque, les autres péruviens craquent. Grosse protestation dans le bateau. Et en Amérique du sud quand ça proteste ça ne proteste pas à moitié ! J’ai cru que le capitaine allait se faire tabasser !

16h : Aux dernières nouvelles, il devait partir à 16h. On est toujours au port. « Je vais bien, tout vas bien ». Ahhhhhhhhhhhh. Resterons-nous bloqués à vie ? Tels des squelettes dans notre hamac ?

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18h : Youpiiiiiiiiiiiii ! Ça y est, il est parti ! 30 heures de retard. Qui dit mieux ?

Nous partons donc la nuit tombée. Les conditions d’hygiène sont très rudes (cf article précédent ; petite présentation de notre bateau épave). Nous dormons dans le froid, en hamac, sur de la tôle rouillée, avec des millions de moustiques.

Mais se retrouver, la nuit tombée, sur le toit, à admirer la lune, le ciel et les étoiles, sans aucune lumière artificielle à la ronde, c’est magique. On ne dort pas dans un hôtel 5 étoiles, mais la nature nous offre davantage, des milliers d’étoiles au-dessus de notre tête !! C’est ça le vrai luxe.

 

JOUR 3. La magie du fleuve Amazone

Se lever au milieu de la nature

J’ouvre les yeux, je vois la forêt, le fleuve, rien que la nature nous entoure. Nous ne croisons aucun bateau, nous sommes les seules espèces humaines au milieu de cette forêt et de  son royaume animal.

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La tempête

L’averse… Le vent est si fort, les sacs volent. Il nous faut remettre les bâches pour se protéger. On est complètement trempés, à essayer d’attacher tant bien que mal ces bouts de plastiques qui nous protègent, en luttant contre le vent. J’ai l’impression d’être un marin des mères affrontant la tempête, ça me fait marrer.

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Au moins on a pu prendre une douche, vu qu’il y en a pas sur le bateau…

S’arrêter dans les communautés indigènes

Parfois on croise un peu de vie, le bateau s’arrête dans de petites communautés pour embarquer sacs de riz, machines à moudre,  motos taxis et autres étrangetés…

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Dans ces villages, il n existe pas de port. Dès que le bateau arrive, ils prennent une pelle, et piochent la terre pour construire un escaliers afin de mener au bateau.

Tout le village est au port. Ils nous regardent. On les regarde. Les maisons sont en bois, les gens vivent pied nus, dans leur jungle…

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Prendre un bon repas

Ce soir, nous n’avons pas droit à la traditionnelle soupe de graisse de poulet, mais à du poulet accompagné de riz ! Ce simple repas me ravi et me met de bonne humeur pour cette nuit !

L’indispensable dans ce genre de voyage : le jeu de carte !

Avec mes compagnons de bord, nous jouons aux cartes. Seul notre ami le colombien bouddhiste n’est pas de la partie, il doit surement être en train de chanter seul à l’arrière du bateau (cf article précédent)

J’apprends aux péruviens à jouer à ce jeu de carte français appelé « le trou du cul ». De nouveaux passagers s’attroupent autour du jeu pour regarder, ça rigole, c’est bon enfant.

Allez c’est pas le tout mais il se fait tard, 21h, tout le monde au lit, enfin… Tout le monde au hamac.

Toute la nuit, des petites barques sortent de nul part, pour charger des bananes…

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JOUR 4. Ça commence a être long…

Après une nuit pleine de cauchemars et de rêves étranges, le froid me réveille… J’ouvre les yeux, je regarde le fleuve, je vois un dauphin rose. Il me met de bonne humeur, j’ai envie de danser, de chanter. Il est venu égailler ma journée après cette nuit agitée. Merci dauphin rose ! Non non je vous assure on ne prend pas de drogue sur ce bateau (même s’il doit y en avoir plein dans les chargements), il y a vraiment des dauphins roses sur l’Amazone.

Nouvel arrêt dans une communauté, cargaison de banane à l’avant du bateau…

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A l’aide de petits bateaux locaux un peu étranges…

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Un nouveau passager embarque…

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Bah oui, chez nous les animaux de compagnie c´est les chats ou les hamsters. Ici en Amazonie, pleins de personnes ont un petit singe de compagnie, c`est assez commun.

C’est long le trajet, mais ça permet de prendre le temps de vivre au moment présent, simplement d’observer tout ce qui se passe autour de soi, sans juger, et admirer les merveilles de la vie…

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On ne prend jamais en photo le ciel, pourtant c’est beau le ciel !

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Booooooon… j´avoue que pour prendre le ciel en photo, c´est que je commence a m`ennuyer. Je ne sais pas si je vais avoir la motivation d’aller jusqu’à Manaus… Mais le voyage ne peut se dissocier de l’ennuie ! Alors il faut l’accepter.

Du coup je descends aller voir d´autres passagers. Un des péruviens paraissait pas mal intéressé par l’endroit ou je vis, ou ça se trouve… Je lui montre ma carte du monde, et on commence à discuter de géographie. Puis je joue avec les enfants. Bref pour ces petits moments de joie, l’ennuie vaut le coup !

17h, j’arrive à Nauta. La flemme d’aller jusqu’à Iquitos qui est encore à 10 h de route. Et puis il parait qu’il y a une route entre Nauta et Iquitos.

Résultat des courses : 36 heures d’attentes, suivi de 48 heures de bateau, soit 84 heures pour faire 472 km. Ça fait un bon 5,61 km/heure de moyenne tout ça. 

Prochain épisode. Deuxième voyage : passage de la triple frontière… 

3 commentaires sur “La traversée du fleuve Amazone. Premier trajet : 4 jours en bateau et quelques péripéties…

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