Happy Island

Je traverse la frontière du Laos dans un mini bus 12 places, blindé, avec des cambodgiens, des espagnols, un coréen, une brésilienne, un australien, des thaïlandais, une colombiens, une américaine. Là, je me dis qu’il s’agit d’un « happy voyage ». Et pourtant, je n’ai encore rien vu…

Me voici arrivé sur un archipel de 4000 îles, sur le Mékong, au sud du Laos (ici, le Mékong fait 14 kilomètres de largeur à la saison des pluies). Je m’installe sur cette île avec les espagnols (ce qui me permet de parler espagnol au Laos)

Cette île, Don Det, nous l’appellerons « happy island »

La vie ici est si paisible que l’on imagine sans peine cette île dériver au cambodge sans que personne ne s’en aperçoive. Une île hors du temp. Cette île est dangereuse, car il est extrêmement dur d’y repartir. Quand tu rencontres quelqu’un qui te dit qu’il part demain matin, tu a 2 chances sur 3 de la retrouver le lendemain sur un hammac. Et je n’ai pas dérogé à la règle, j’y suis resté 6 jours. Ce qui m’a permit d’observer cette étrange île.

A la base, cette île est habitée par des agriculteurs laotiens. Aujourd’hui, chaque paysan a construit des happy cabanes en bois au bord de l’eau, ou parfois sur l’eau. Chaque touriste a sa petite happy cabane sur l’eau, avec un happy lit et un happy hammac…

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La douche vient du happy Mékong, alors plutôt que de prendre une douche, chaque matin, chaque soir, on va prendre un happy bain dans le happy Mékong. J’ai même eu l’occasion de faire un bain de minuit (habillé) dans le Mékong, c’est trop la classe.

Les happy poules sont partout, dans les restaurants, les cybers café… on est quotidiennement entouré de happy poules et de happy poussins. Les happy buffles et les happy vâches marchent sur les chemins, au milieu des happy touristes, les happy cochons dorment sous les cabanes en bois, les happy chats et les happy chiens tentent de rentrer dans nos cabanes pour dormir la nuit. C’est l’île parfaite pour ceux qui aiment l’ambiance « roots »

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L’autre spécialité de l’île, et bien c’est le « Happy » ! Ici, tout est en format happy, chaque paysan propose dans son restaurant des « happys cookies », de la « happy purée », des « happy milkshakes »… Certains l’auront deviné, il s’agit bien de spaces cakes, c’est-à-dire qu’ils mettent de la majijuana dans les repas ou les boissons. Chaque paysan avec ses cabanes en bois et ses petits restaurants vendent de la majijuana. Il n’y a pas de police sur l’île, et la vie est tellement paisible, que tout est affiché dans les menus, sur les enseignes des restaurants on peut lire « ici nous vendons des happy joints », ou « le meilleur happy cake in town »… Et ça marche… Tout le monde devient happy : les gens se parlent, sourient… Tu joues à la guitare, en quelques minutes tu as pleins de happy copains à côté de toi qui jouent ou qui chantent avec toi, tu joues à la pétanque (et oui la pétanque est un sport national au Laos !), en quelques minutes tu fais une partie de pétanque avec pleins de happy potes…

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Je connais pas mal de monde autour de moi qui adoreraient cette happy ambiance.

Je tiens à préciser qu’il s’agit bien d’herbe qui se fume, et non de drogue dure. Aucune drogue dure ne circule sur l’île, et personne n’est dans un état secondaire. C’est vraiment paisible, sans débordement, très bon enfant. On ne voit aucune personne dans un état second. Pas besoin de police, tout semble bien se passer.

D’un point de vue touristique (avis aux professionnels du touriste ça peut vous intéresser), c’est assez unique comme situation, puisque les « professionnels du touriste » sont en réalité de simples agriculteurs. Ils n’ont aucune expérience et aucune formation en tourisme ; l’accueil est différent, les happy cabanes en bois sont insalubres, dans la salle de bain commune, des sacs remplis de papier toilette utilisés trainent depuis des jours juste à côté de la paume de douche, les draps ne sont pas changés… Mais c’est normal, il n’ont pas forcément l’habitude et la vision « touristique », ce sont de simples agriculteurs qui construisent des cabanes pour avoir de l’argent. L’avantage, c’est que l’argent revient directement à la population : aucun intermédiaire, et aucun occidental qui détient les hébergements (contrairement à beaucoup d’endroits).

L’inconvénient, c’est que la vie de cette île paisible est bouleversée. Reste à savoir quel sera l’impact pour les habitants sur le long terme, difficile à mesurer. J’espère que cette vie restera paisible et qu’on pourra observer un « happy impact » pour la population. Rien est sûr, car l’île attirant toujours davantage de monde, elle risque de se transformer.

Retrouvez une happy anecdote qui m’est arrivé sur cette île ICI : un happy tour organisé en bateau sur le Mékong, par un agriculteur qui s’est transformé du jour au lendemain en happy agence de tourisme !

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