La vie d’un peuple indigène. Episode 4 : la démocratie et la justice au sein d’une communauté indigène

La communauté vit en autarcie au milieu de la jungle. Elle a également sa propre culture, qui lui est propre et est différente de n’importe quelle autre. Elle doit donc s’auto organiser. De plus, le gouvernement bolivien,afin de respecter et protéger les peuples indigènes, les autorisent à appliquer leur propre loi et leur propre justice,de façon indépendante, au sein même de leur communauté.

La démocratie

Le fonctionnement démocratique est très similaire à celui d’une association. Il y a un chef du village, un secrétaire et quelques adjoints, élus par l’ensemble de la communauté. Tous les mois, l’ensemble de la population (hommes et femmes) se réunissent. Un ordre du jour est fixé par au préalable, et remis en main propre à chaque famille. Lors de cette réunion mensuelle, l’ensemble de la communauté débat sur les différents points de l’ordre du jour. C’est lors de cette réunion que tout ce discute : les investissements dans la communauté, les conflits entre différentes personnes, l’organisation des prochaines fêtes, les punitions à donner suite aux délits commis, l’autorisation d’un nouveau membre dans la communauté, etc.

Tout le monde discute de tout, tous ensemble ! Plutôt démocratique en théorie. En pratique, je ne suis pas resté assez longtemps pour savoir si ce système marche plutôt bien ou non.

La justice

Ici, pas de policier, ni de juge, ni de prison ! Mais, comme partout il y a des délits commis : vol, violence, infidélité au sein de la communauté (et oui c’est considéré comme un délit ici, pour une raison simple : éviter les conflits entre familles. Ainsi, l’infidélité avec une autre personne qui vit en ville ou dans une autre communauté n’est pas un délit).

La sentence estdonc discutée avec l’ensemble de la communauté, au sein de cette réunion mensuelle, ou chacun tente de réunir les preuves. Un palais de justice géant !

Donc il n’y a pas de prison, ni d’amende… Quelles sont donc les sentences ?
Si c’est la première fois que la personne commet le délit, la sentence est la suivante : on attache les pieds ou les mains du prévenu sur cet appareil en bois.

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Il doit rester, selon la sentence, entre 2 et 48 heures, ligoté, seul, au milieu du village, sans boire ni manger. L’objectif est de permettre au prévenu de réfléchir sur le délit qu’il a pu commettre.

Dans une autre communauté, près d’ici, c’est un peu plus rude. En Amazonie, il y a un arbre sur lequel vivent des fourmis, et ces fourmis sont horribles (j’en témoigne), elles font mal comme des abeilles, voire pire. Vous avez deviné la sentence : on attache la personne à cet arbre pendant des heures. Aye aye aye !

Lorsque le délit est commis pour la seconde fois, ou pour un délit grave, la sentence est d’exclure la personne de la communauté.

La notion de propriété

Ici, personne n’est propriétaire. L’ensemble des terres appartient à la communauté, au bien public, qui prête ses terres aux familles. J’entends déjà d’ici certaines pensées traverser l’océan : « c’est quoi donc encore que ces communistes ? ». Mais non, il y a une raison très simple à ce système de propriété public ! Devinez ? Si chacun pouvait être propriétaires de terrains, certains vendraient leurs terres à des entreprises ou des promoteurs qui exploiteraient la forêt et détruiraient son environnement. Ce principe de propriété public permet de protéger la forêt et la nature, qui fait vivre cette communauté. Le bien collectif permet de protéger la nature !

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