Argentina Auto-stop. Episode 3 : la vie d’un gangster vagabond

Objectif du jour : atteindre Tucuman, ville située à 550 kilomètres. Moi qui pensait que ça serait possible en une journée…

11h : je ne commence pas de bonheur. Omar me prend en stop, et m’avance de 30 km

11h30 : il me dépose au milieu de nul part. Un chemin de terre, des cactus, et un climat désertique… Personne ne passe, on entend les rapaces voler… Lucky Luck et les Indiens ne vont pas tarder à arriver ! IMG_477612h30 : au milieu de nul part apparait un personne, comme par magie, avec son gros sac à dos : il s’appelle Luis, est argentin, et essaye lui aussi d’atteindre la Bolivie en auto-stop. On discute un peu, il continue sa route.

13h30 : après 2 heures d’attentes dans ce silence désertique, un camion s’arrête. Je met mon sac à dos dans la remorque au milieu du foin. Je monte. Après 5 minutes, on croise Luis. Il embarque lui aussi dans le camion. 70 km avec ce camionneur qui nous raconte une anecdote : « comment il a rencontré sa maitresse ». Sauf qu’il nous raconte l’anecdote dans les moindres détails, et je vous assure, au bout de 45 minutes il avait pas finit de raconter son anecdote, ça durait, ça durait… On en pouvait plus. Vous savez, ces gens qui vous racontent une anecdote pendant tellement longtemps qu’au bout d’un moment on en peut plus. C’est un peu ce que je suis en train de faire en ce moment par exemple.

Au bout d’une heure, il nous dépose. Enfin !!!! (il a même pas réussi à finir son anecdote!)

14h30 : avec Luis, nous partons à une petite épicerie et nous nous faisons notre petit sandwich que nous mangeons au bord de la route. IMG_4781

A ce moment précis, je me sens tel un vagabond, un vrai !! Sur la route, juste un sac à dos. Rien d’autre. On ne sait pas ou on va être, ou on va manger, ou on va dormir. On sait rien ! On avance, sans savoir, tel un vagabond, à la recherche d’aventures. Je me rappelle ces livres qui me faisaient rêver étant jeune, de voyageurs traversant les États-Unis avec rien, simplement à la recherche d’aventures et de découvertes. Je suis à leur place, je vis ce rêve !

15h : deux autres auto-stoppeurs argentins sont aussi là. Il y a de la concurrence de vagabonds ! On discute un peu, on échange nos vies de vagabonds auto-stoppeurs, nos conseils pour être pris plus facilement. Entre auto-stoppeurs il y a une solidarité et une sympathie assez facile et naturelle qui s’installe. Comme faisant partie d’une même communauté, d’une même religion, d’une même entreprise, d’une même culture, bref, d’un clan quoi. Le clan des auto-stoppeurs, avec des codes qui se comprennent et qui nous permettent de s’intégrer plus facilement. D’où la difficulté de s’intégrer quand on est dans une culture différente. Je m’en suis rendu compte en voyageant. Petite parenthèse fermée.

16h : on continue ensemble avec Luis. Une voiture nous prend. Nous avançons 30 km

16h30 : booooon… c’est pas le tout de rêver mais j’ai avancé de 80km… Il m’en reste 470, et il est 16h30…

17h30 : personne ne nous prend. Ça commence à être dur. Je remet la situation présente en perspective avec ma vie il y a un an à Paris. Je me dis : « mais pourquoi je suis en train de galérer à faire de l’auto-stop en argentine ? Alors qu’il y a un an j’allais normalement au boulot. Mais qu’est-ce que je suis en train de faire franchement ? C’est n’importe quoi ». Et ça me fait rire.

Bref, c’est sans compter sur notre prochain hôte de voiture : un policier, dans sa vraie voiture de police, à l’américaine, comme dans les films ! Je monte derrière, là ou se trouve habituellement les gens qui se font arrêter. Il y a une grille devant moi, comme une grille de prison. Et le policier écoute à fond les ballons du Hip Hop américain… Et là, je me sens comme un gangster ! J’aurai bien fait une improvisation théâtrale, à jouer le rôle du gangster avec le policier. Mais le policier n’aurait pas eu l’humour adéquate pour comprendre ma blague…

SAM_1722IMG_4786Rien que pour cette expérience assez drôle et originale, ça valait le coup d’attendre si longtemps !

18h30 : le soleil se couche. Nous sommes au milieu de nul part. Il va falloir s’arrêter, trouver de quoi manger, trouver de quoi dormir. La vie d’un vagabond. SAM_1725 IMG_4789

Luis demande à la ferme à côté de nous si on peut dormir dans le jardin. Il a une tente, j’ai un hamac. Mais la réponse n’est pas positive. Et puis on voit un endroit au loin avec de la lumière. Il semble qu’on peut au moins manger par là. Il y a un petit restaurant paumé et des camionneurs. La petite aire de repos de camionneurs, la vraie de vraie, perdue au fin fond de l’argentine, mais qu’est ce que je fais là ??? Bon… Il y a 3 petites chambres pour dormir, dans un petit truc en béton. Ça va faire l’affaire !

Nous mangeons, nous prenons une petite bière. Les 2 petits auto-stoppeurs perdus au milieu des camionneurs… On se retrouve tous les 2 dans cette même galère. En à peine une demi-journée, on a rencontré une personne dans la même situation que nous : le mec qui voyage seul et qui en plus passe ses journées à faire du stop seul. Faut pas avoir peur de la solitude ! « Mais quand on rencontre une personne qui partage cette expérience de solitude, on se sent moins seul dans notre solitude » (Oscar Wild).

Bref… C’est l’heure de dormir, il faut que je me couche tôt pour me lever tôt. Demain il me reste les 450 km à faire sur les 550km de prévu. Pfff…. J’ai envie d’y arriver en seulement une journée !! On verra à l’épisode 4, il n’est pas encore écrit.  Ici, tout s’improvise !

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